Maji de watashi ni koi shinasai

Je vous rassure Maji de watashi ni koi shinasai, peut être abrégé en Majikoi et, ce sera franchement plus pratique. En français, ce petit bijou se traduirait par « Mais aime moi, sérieusement ! ». ça vous donne le ton ? Il a été réalisé en 2009 par Minato Soft – un studio connu récemment pour le très excellent visual novel, Yûki Yûna wa Yûsha de Aru, et qui n’aura, en dehors de trois autres jeux, fait que des suites et spin-off de Majikoi.

Ici, vous incarnez Naoe Yamato, un garçon pas si banal (pour une fois…) puisqu’il possède une certaine intelligence et un caractère de tricheur, manipulateur mais gentil. Ça fait beaucoup d’adjectifs. Il vit une vie de lycéen presque normal à Kawakami City, une ville où l’esprit des samouraïs ne s’est pas encore éteint : il partage son quotidien avec notamment trois filles, puis deux nouvelles, qui savent botter des fesses et se battre pour leurs rêves et convictions.

Un aperçu sur le jeu

En terme de scénario, on ne peut pas dire que ça casse trois pattes à une poule aveugle. Le jeu tentera cependant de délivrer quelques messages simples mais efficaces : ne jamais abandonner ses rêves, la politique du Japon est pourrie mais ça s’arrangera avec le temps, les filles portent des serviettes dans les bains quand il y a des voyeurs et chacun grandit grâce aux rencontres qu’il fait.

Vous voici dans un quotidien un peu loufoque, parsemé de séquences émotions légères et de personnages hauts en couleur. Car oui, si le scénario ne déboîte rien, on ne peut pas cracher sur la richesse et particularité de ce visual novel : le nombre incalculable de personnages ! Enfin si, on peut calculer, évidemment ; sur une vingtaine de personnages (illustrés j’entends, oui vous ne rêvez pas), il n’existe pas moins de neuf routes romantiques (incluez les histoires de fesses dans le romantisme) et trois routes purement scénaristiques. Bien sûr, chaque route ne comprend que les protagonistes.

Majikoi offre également un large panel de personnages secondaires ! Du lolicon en passant par la mégalomane et la fille de bonne famille, sans compter la maid qui a déjà fait la guerre en Afghanistan… Oui, l’histoire de ce jeu ne se prend pas au sérieux, au contraire : sur chaque route, le scénariste a réussi à trouver un événement invraisemblable, comme un match de baseball où l’on peut se taper ou une guerre entre classes grandeur nature, autour duquel graviteront tous les personnages pour nous plonger dans le quotidien pas banal de Kawakami City.

Et tous les clichés y passent : le personnage principal qui se retrouve dans les seins des jolies filles « comme par hasard », le genderbender (se travestir dans le sexe opposé pour parler français), les onsen, les triangles amoureux, et j’en passe. Si vous voulez revisiter tout ce qui est possible dans un anime, c’est simple : jouez à Majikoi !

Cependant, on sent bien la volonté du jeu de s’en amuser et d’exagérer, en poussant chaque stéréotype à son paroxysme pour en rire. Attention : n’allez pas croire que le jeu ne propose aucune originalité, au contraire.

Quelle ne fut pas ma surprise ; la route de Miyako achevée, de constater la présence de deux protagonistes mâles sur le choix des personnages ! Un mirage ? Non ! Mon utopie se réaliserait-elle ? Un monde où les eroges acceptent une bisexualité sans faille et offrent l’exclusivité d’un jeu où les garçons en prennent autant dans le derrière que les filles ? OUI ? NON ? Eh bien non.

Désespoir.

Ceci dit, je reste toujours stupéfaire de ce scénariste qui un jour s’est dit « Tiens, je ne vais pas offrir que des paires de seins à mes joueurs ; je vais leur permettre de comprendre et aimer chacun de mes bébés ». Franchement, chapeau bas. Moro, Gakuto, Capt, chaque personnage masculin possède sa route et offre en même temps la possibilité d’explorer leur histoire et d’approfondir leur caractère.

Malheureusement, il n’y aura aucun choix possible : ce sera du visual novel pur et simple. Cela reste une très bonne surprise ! A peu près autant que lorsque je me suis rendue compte que je pouvais faire de l’escalade sur le corps de la professeur. Ahem.

En effet, il y en aura pour tous les goûts : la mascotte, l’adolescente violente, l’éperdue amoureuse, la tsundere, la loli, la femme mature, la demoiselle timide mais perverses, la fille comme les autres, et enfin, la vraie fin qui offrira du fanservice pur et dur, avec non pas un mais deux plans à trois, avec notamment des personnages dont on ne peut apercevoir un bout de peau que sur cette fin là.

Par ailleurs, je n’ai pas encore abordé la question de la durée de jeu. Je dois dire qu’elle est assez incroyable : comptez entre cinq et huit heures, rien que pour l’introduction. Et le même temps pour les cinq routes principales. Avec les chemins annexes, on arrive à un visual novel offrant facilement cinquante heures de jeu au total… Alors, heureux ?

Un gameplay imparfait ?

Majikoi se veut être un visual novel novateur, dans le sens où il cherche à pimenter un peu le choix des routes. Une fois l’introduction passée, vous arriverez sur un schéma classique de choix par journée sur un mois ; le but étant, évidemment, de trouver une compagne avant la fin du temps imparti. Et croyez-moi : vous ne voulez pas savoir la fin lorsque vous ne choisissez personne. Vraiment. Ce jour là, j’ai réellement compris pourquoi la curiosité est un vilain défaut.

Bref : cinq protagonistes se tiendront droit comme des piquets chaque jour, variant selon la date à laquelle vous jouez. Aucun aléatoire là-dedans : c’est le même emplacement pour tous les personnages à chaque fois. Là où c’est intéressant, c’est que chacun possède une capacité spécial. Par exemple, Chika (un personnage principal mais secondaire) possède le pouvoir « Jalousie ». Elle disparaîtra si elle est entourée de deux autres femmes. Wanko utilisera « Attaque » dans certaines situations pour éliminer les personnages situés à ses côtés. Le principe est vraiment sympa, mais voilà : quel est l’intérêt ?

Il n’y a en effet aucun challenge : déjà parce que les capacités sont souvent faibles, voire anecdotiques, mais aussi parce que l’emplacement des personnes est fixe… Comme il n’y a pas d’aléatoire, on est sûr de rencontrer telle fille tel jour, et vu le nombre d’essais possibles, même dans les cas les plus désespérés, on ne peut pas finir seul.

Bref, une jolie tentative mais pas vraiment aboutie.

Ensuite, vous pensez certainement qu’avec une dizaine de routes, il existe au moins le double de fins différents ! Non. D’un côté, ça peut se comprendre : on a déjà suffisamment de choses à explorer. Ceci dit, il est assez regrettable que les chois ne paraissent avoir aucun impact : à part dans le cadre de Momoyo, aucun choix n’empêche de sortir avec l’héroïne choisie. Il existe bien quelques choix menant à une mauvaise fin un peu soudaine, mais ils sont clairement détectables et même immédiats.

Cependant, on sent que Minato Soft s’est dit à un moment que c’était triste : ils ont donc ajouté un défi. Dans certaines routes, si les choix faits sont mauvais, votre libido s’en verra fortement contrainte : et c’est bien dommage avec ce paquet de mouchoirs tout neuf à côté de votre clavier.

En effet, si vous voulez voir les personnages nus lors des scènes de bain, il faudra faire un sans-faute ! Bien évidemment, ma perversité n’ayant d’égal mon amour pour les erogames, aucune serviette ne m’aura résisté. Nulle poitrine ne saurait être cachée à ma vue.

Ambiance et lumières

La plupart du temps, passé les héroïnes, les visual novels n’illustrent pas les personnages secondaires, se contentant de les faire figurer dans les scénarios et doubler leurs dialogues. Majikoi n’a pas joué les feignasses : comme dit précédemment, ce n’est pas moins d’une vingtaine de personnages dessinés, avec pour chacun au minimum trois tenues et trois poses différentes.

Ça fait un bon paquet de M&M’s tout ça. Par ailleurs, le soin apporté aux expressions et tenues est vraiment appréciable. En ce qui concerne les CG1, le nombre est au dessus de la moyenne et la qualité satisfaisante. On dispose de suffisamment de décors pour ne pas avoir l’impression de faire toutes les routes au endroit et d’assez d’illustrations pour démontrer des scènes – souvent sexuelles, certes. D’ailleurs, on remarque les préférences du scénariste, certains personnages possèdent bien moins de CG que d’autres.

L’atout de Majikoi résidera plutôt dans la mise en scène que dans les illustrations d’ambiance. Bougeant d’un bout à l’autre d’un écran, sautillant, chaque personnage donne vraiment l’impression de vivre et de nous faire vivre avec eux leurs rigolades. Ces scènes sont souvent accompagnées de bruitages variés – plus que la musique en tout cas. Eh oui, l’ambiance sonore est acceptable mais pas incroyable : aucune piste n’est vraiment marquante, si ce n’est celle qui est la plus diffusée tout le long du jeu et que vous finirez par chantonner en allant aux toilettes sans vraiment vous rappeler où vous l’avez entendue.

Puisqu’on en est sur le son, les doublages sont vraiment excellents. On sent que chaque doubleur a réussi à s’approprier son personnage et le joue avec passion. La plupart des acteurs jouent principalement des rôles tertiaires dans des animes ou secondaires dans d’autres jeux, mais ils font largement l’affaire. Notons toutefois la présence de l’un de mes doubleurs préférés, Katsuyuki Konishi, que vous avez forcément déjà entendu ! Et quelques autres jolies pointures comme Kenichi Suzumura, Junichi Suwabe

Il est l’heure de conclure

Majikoi n’est pas le genre de jeu cherchant à vous faire verses des larmes ou donner des frissons : ici, vous rigolerez de situations absurdes et vous amuserez de personnages loufoques en attendant les désirées scènes de fesses pour lesquelles vous jouez la plupart du temps – ne mentez pas, bande de petits cochons. La diversité et richesse des très nombreux personnages est le véritable point fort de ce visual novel qui vous donnera souvent envie d’aller voir du côté de la classe S, les antagonistes de l’histoire. Pas de flashbacks, pas de ouin-ouin, juste des tranches de vies poussées cherchant à vous faire aimer un personnage pour ce qu’il est et non ce qu’il a vécu. Bref, une cinquantaine d’heures de plaisirs tordants à consommer sans réserve !


Cet article est une republication d’un article paru dans l’édition reliée n° 11 de Mag’zine, que vous :pouvez toujours aller le lire ici.

1 : CG : abréviation de « computer graphics », ce sont les illustrations qui composent le jeu.



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Ancienne membre de l'association.

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