Go-Toubun no Hanayome ; Quinté gagnant
Go-Toubun no Hanayome, également nommé The Quintessential Quintuplets sous la langue de Shakespeare, est un manga de Haruba Negi, dont les premières planches furent publiées dans le Kodansha’s Weekly Shounen Magazine en Août 2017. Le manga s’est terminé en 14 volumes depuis Février 2020, et la seconde saison est actuellement en cours de diffusion sur Crunchyroll.
La première saison, produite par Tezuka Productions, sera le principal matériau utilisé pour notre discussion d’aujourd’hui, comme elle permettra une présentation honnête de l’histoire et des personnages, sans pour autant vous gâcher la clé de l’intrigue.
Le protagoniste principal, Futaro Uesugi est un lycéen exemplaire. Il excelle dans la plupart des disciplines, si l’on y soustrait volontiers l’éducation physique. Seulement, en dehors de ses études, sa situation n’est pas si enviable. Sa mère décédée durant son enfance, il habite avec son père et sa sœur dans un modeste appartement, peinant à régler les factures et les dettes de son père qui s’accumulent.
Sa vie sera alors bouleversée lorsque son père lui dégotera un petit boulot extrascolaire d’enseignant extrêmement bien payé, qui pourrait bien aider Futaro à sauver sa famille et assurer un avenir radieux à sa petite sœur adorée Raiha. Seulement, le salaire n’est pas innocemment haut, les conditions d’enseignement sont particulières. Tout d’abord, la lycéenne est en échec scolaire, ce qui sous-entend une tâche ardue. Secondement, ce n’est pas une lycéenne mais cinq qu’il faudra former et faire réussir. Cinq quintuplées pour être tout à fait exact.
Accordez-moi le plaisir de vous présenter cette portée de quintuplées haute en couleurs.
Petit fait amusant, le premier kanji de leur prénom correspond à celui de leur ordre de naissance, et c’est selon ce classement qu’elles vous seront présentées.
L’aînée est Ichika : se comportant telle une grande sœur, malgré les quelques négligeables minutes d’avance lors de leur naissance, elle joue le rôle de confidente et est à l’écoute des tracas de ses petites sœurs. Sa particularité porte sur ses cheveux, très courts, de couleur rose, et sur sa boucle à l’oreille droite.

La suivante est Nino. Véritable plaie lors de ses premiers échanges avec Uesugi, son côté tsundere et hostile envers son professeur improvisé trouvera son explication un peu plus tard dans l’intrigue. Elle arbore la figure la plus maternelle des cinq, étant douée en cuisine et portant à coeur la cohésion de sa fratrie. Son signe physique distinctif provient des rubans en forme de papillons qu’elle revêt de part et d’autre de ses longs cheveux lui arrivant dans le bas du dos.
Vient désormais Miku, l’éternelle introvertie. Se rapprochant d’Uesugi par un sujet de discussion des plus improbables et que je vous laisserais découvrir par vous-même, elle porte généralement un casque audio bleu autour de cou. Elle est peu soucieuse de son apparence et accorde très peu d’estime en ses qualités.
Yotsuba, l’avant-dernière sœur de la troupe, se distingue par ses cheveux oranges et son ruban vert qui rappelle les oreilles d’un lapin. D’un tempérament très énergique et toujours joviale, c’est la seule des sœurs qui semble pratiquer une activité sportive régulière, et ne sait pas refuser lorsque quelqu’un sollicite son aide. Elle possède la pire moyenne scolaire des cinq sœurs.
La benjamine n’est autre qu’Itsuki, avec ses cheveux rouges flamboyants, et sa mèche rebelle. Plutôt gourmande et pleurnicheuse, elle parait être la plus émotive, et est par ailleurs la première des soeurs à jouer le jeu des révisions lorsqu’Uesugi entre dans leur vie.

Même si les sœurs possèdent les mêmes yeux, et sont facilement reconnaissables pour nous, ce n’est pas le cas des autres personnages de l’anime. Une partie de l’humour que je trouve toujours bien placé, repose au début sur le fait qu’Uesugi est uniquement capable d’identifier les quintuplées selon leurs signes distinctifs extérieurs (les rubans de Nino/Yotsuba, le casque de Miku). Une faiblesse dont ont bien conscience les filles, qui exploiteront à plusieurs reprises ces situations de quiproquo.
Un tout nouveau pan des études s’ouvre alors à Uesugi, qui réalisera bien vite que les cours qu’il devra donner ne seront pas sa préoccupation majeure.
En effet, chacune des quintuplées étant en échec scolaire, leur rapport aux études est plus que délicat. Uesugi devra alors faire preuve de malice pour présenter les révisions comme un événement nécessaire, voire plaisant dans la mesure du possible pour ces dernières. Or, ce serait être arrogant de penser qu’elles se montrent aussi dociles envers cet intrus dans leur vie.
Une autre partie de l’histoire, que je trouve un peu dérangeante en début de visionnage, est la première scène de l’anime qui représente un mariage, a priori celui de Uesugi, avec une femme à la chevelure rouge, autrement dit l’une des cinq sœurs. Je pense que vous le voyez un peu venir, nos six lycéens vont potentiellement passer beaucoup de temps ensemble, et des liens vont se tisser. Cependant, je trouve vraiment que cette scène d’exposition dessert quelque peu le vrai but de l’anime. À mon sens, un anime sert à susciter l’émotion. Partir d’un élément fictif, pour projeter cette création sur votre expérience personnelle, vos désirs, vos craintes, vos peurs pour créer une proximité avec les personnages qui vous accompagneront le temps d’une saison.
Or, avec une introduction pareille, le message que je perçois est un peu cruel, puisqu’il nous suggère « la fin », alors que rien ne nous a encore été dévoilé sur les personnages et leurs facettes. La comparaison est sans doute violente, mais je vois cela comme si l’on avait apposé des fers à chevaux sur les quintuplées, qu’on les avait emmenées chacune dans son couloir, et qu’on leur annonçait que la gagnante de la course pourrait épouser Uesugi.
J’aurais pu comprendre la démarche si l’anime m’avait déplu. On aurait pu donner cette carotte au spectateur, en lui concédant que l’anime n’était pas terrible (comme le serait une paire de seins dans un ecchi moyen), mais que ça vaudrait quand même le coup de savoir qui est la grande gagnante. Or, ce que dégage les personnages, leur évolution, l’équilibre entre le temps d’attention accordé à chacune des sœurs, me parait trop bien ficelé pour que cette carotte puisse être la justification à cette introduction. Peut-être cherchais-je à donner trop d’importance à cette première scène, mais j’aurai toujours ce petit détail dans un coin de la tête quand Uesugi s’adresse à l’une des filles.
Le titre de l’anime prend désormais tout son sens, « Go-toubun no Hanayome », littéralement traduisible par « les cinq mariées ». Rassurez-vous, la scène ne gâche en rien le plaisir ressenti en visionnant l’anime. Mieux encore, un événement de la seconde saison, que je passerai sous silence pour vous laisser la joie de la découverte, antérieur au déroulement de l’anime, vient contrebalancer le mariage et rajouter encore plus de profondeur à la relation d’Uesugi avec les quintuplées.


Pour en revenir à son rôle de professeur, et aux clauses du contrat passé avec le père des quintuplées, la condition de réussite est simple: toutes ses filles doivent réussir à décrocher la moyenne. Pour le coup, le système mis en exergue dans l’anime est assez proche de la réalité japonaise. La moyenne est déterminée selon les différentes notes obtenues dans chaque matière, en général à la suite d’examens sous forme de QCM.
Uesugi va rapidement découvrir que sa promesse à son employeur ne pourra être tenue qu’au prix d’un travail acharné, à condition que ses filles lui accordent une confiance à toute épreuve.
En guise de conclusion, je vous propose d’appliquer la théorie de la waifu, une de mes créations (je prends un air pompeux au moment d’écrire ces lignes), à cet anime.
Dans une grosse majorité de mangas/d’animes, en tout cas ceux suggérant la genèse d’une romance, je pense qu’il est généralement inévitable dans les premiers épisodes que chacun d’entre nous favorisera une waifu ou un husbando pour le/la protagoniste principal/e. Selon la profondeur de l’écriture et la volonté des scénaristes d’accorder de l’importance à la romance, mais aussi par votre rapport à ces personnages, sur le plan physique ou émotionnel, vous aurez au minimum une petite préférence pour le couple final, au mieux vous rejoindrez le fanclub d’un des personnages, fêtant ses réussites amoureuses avec lui, ou entamant un pot de glace à la vanille lors de ses échecs sentimentaux.
Pour être honnête, Go-toubun no Hayanome est un des premiers animes où je ne suis pas capable d’appliquer cette théorie de manière constante. Fait assez rare pour être mentionné, chacune des quintuplées possède un temps d’apparition à l’écran proche des 20 %. Je ne suis pas encore assez avancé dans le manga pour vérifier si cette observation est aussi confirmée dans la version papier. Le premier fait marquant, c’est qu’aucune sœur n’est laissée pour compte. Disposant chacune de leurs qualités et défauts, elles ont chacune leur charme, si bien qu’elles pourraient toutes prétendre à occuper la place vacante dans le cœur de Futaro, même si ce dernier semble avoir un complexe envers sa petite sœur. Pour clôturer ce sujet, la quintuplée que je détestais le plus dans la première saison est désormais ma préférée dans la seconde saison, ce qui est pour moi un argument en faveur de la qualité de l’histoire. Si vous n’avez pas encore goûté au Go-toubun, je ne peux que chaudement vous recommander de vous atteler au visionnage de cet anime, ou à la lecture si vous êtes davantage féru(e) de la version physique.
Cet article est une republication d’un article paru dans l’édition reliée n° 26-27 de Mag’zine, que vous pouvez toujours aller le lire ici.

